samedi 1 octobre 2016

Immersions dans le Golfe d'Amour

Un ciel au beau fixe, une mer calme, un accueil et une humeur générale propices à la détente, telles étaient les conditions à notre arrivée à La Madrague (celle de Saint-Cyr sur Mer et non celle de B.B. que j'étais heureux de ne pas croiser finalement).

Avec notre club, le Glaucos, nous avons réalisé 6 plongées grâce à l'infrastructure d'Azur Plongée. Ce centre présente divers avantages : peu de marche pour rejoindre le bateau (le centre est dans le port), gonflage Nitrox, O2, 300 bars, avec pour la possibilité pour les teks de concevoir des mélanges plus "exotiques" (trimix etc.)

A l'arrivée le premier jour, l'espace devant le centre est bondé (il y a 3 groupes de plongeurs différents) mais tout est organisé par Véronique (la gestionnaire du centre) qui ne se laisse pas démonter par les demandes diverses qui affluent de tous les côtés. Pas de souci pour nos 12 plongeurs au milieu du lot, tout est prévu (hormis l'une ou l'autre bouteille encore à gonfler ou oubliée dans l'aventure... cela nous rappelle la nécessité de vérifier son bloc avant de le monter).

Nous embarquons sur leur semi-rigide (24 places) propulsé par 2 moteurs 225cv (mazette, ça décoifferait un chauve quand le skipper tape les gaz à fond !) pour rejoindre les sites de plongées qui se trouvent dans le Golfe et autour de l'Ile Verte.

Notre programme a été le suivant.

Premier jour

Pain de sucre (voir vidéo) et "balise" (une bouée cardinale en béton signalant l'Ile Verte).

En chemin vers la première plongée du séjour, un plongeur repère une douzaine de dauphins qui se déplacent au bord du Golfe. Notre pilote les rejoint rapidement et nous les accompagnons pendant une dizaine de minutes. Ce séjour commence fort ! c'est un instant rare que nous avons vécu. Tout monde a déjà le sourire sur le bateau et pour tous, la journée est déjà réussie.

Le Pain de Sucre et la Balise sont des plongées sur des "secs" (des imposant rochers qu'on appelle aussi "patates") qui descendent à une quarantaine de mètres, on y trouve de magnifiques gorgones bleues très bien préservées, des sars tambours, un énorme banc de daurades, des rougets, des mérous, murènes, des langoustes et des labres en tous genres.

Le plus remarquable en plongée est la visibilité : je lève la tête à plus de 35m et je vois carrément l'eau nettement clapoter sous le soleil en surface. Des conditions parfaites donc.



Deuxième jour

Visite de l'épave du P38 (voir vidéo) et Petit Moure & Grand Moure (tombants à max. 36m pour notre plongée mais ça descend à 45-50m)

L'épave du P38 d'abord. Mon binôme et moi, nous la convoitons depuis 2014 (nous étions venus pour y plonger cette année-là mais les conditions météo nous avaient empêchés de la faire)... Finalement, la patience a été récompensée puisque nous la découvrons dans des conditions idéales : aucun courant, une température au fond (39m) de 20°C et une visibilité qui dépasse les 30m !

En surface, le pilote nous briefe, il nous explique qu'il va larguer les plongeurs au fur et à mesure, les premiers plongeurs prêts peuvent se préparer à sauter à l'eau... Coup de bol, je suis prêt (d'habitude je suis plutôt du genre lent mais là, j'étais au taquet), mon binôme aussi : nous plongeons donc les premiers et amorçons notre descente à la bouée signalant l'épave.

La descente est magique, nous avons l'impression de planer, l'épave est visible dès les 10 premiers mètres passés et nous venons lentement nous poser près du fuselage central de l'appareil, échoué sur le fond de 40m à l'envers (les roues sont rentrées mais les volets sont ouverts, les pneus sont toujours là). Les hélices sont toujours en place (même si le moteur droit s'est détaché en coulant pour venir se poser à proximité du moteur gauche). Les mitrailleuses tendent encore leurs canons vers l'horizon depuis le nez de l'appareil.

Cet avion de chasse (Lockheed P58 Lightning de l'US Navy) a été abattu en combat aérien durant la seconde guerre mondiale par l'armée allemande. C'est donc une épave chargée d'histoire que nous visitons.

Nous commençons à visiter l'épave et je suis aux anges : elles pleine de vie. Je suis d'abord accueilli par une mostelle, puis j'y découvre une, deux et puis trois murènes. De même avec les rascasses et les langoustes : ils ont colonisé l'appareil. Sur l'une des ailes, des rougets sont alignés en rang d'oignons. En scrutant sous le fuselage, je découvre une galathée colorée.

Nous aurons ainsi l'épave "rien que pour nous" pendant 10 minutes avant de voir les autres plongeurs arriver... Nous décidons de faire un tour large de l'appareil pour avoir un meilleur panorama de l'épave et après une vingtaine de minutes au fond, nous amorçons la remontée. Je ne vous dis pas la banane que nous avions au palier, nous nous réjouissions de remonter sur la bateau pour partager nos impressions. Bref, une plongée largement à la hauteur de nos attentes.


L'après-midi est à l'image de cette première plongée. Elle sera, quant à elle, plutôt vertigineuse.

Nous découvrons deux tombants (rupture brutale dans le relief qui forme des falaises sous-marines) : le Petit Moure et le Grand Moure. En toute logique, le Grand Moure en est le plus majestueux.

L'excellente visibilité et l'absence de courant nous permet de vivre ce qui se rapproche d'un "base jump" de 15m à 36m... Arrivés au bord du tombant, nous nous laissons descendre avec cette impression de voler le long d'un gigantesque mur rempli de gorgones bleues majestueuses, d'éponges et de coraux rouges. Nous y découvrons une murène en pleine eau, d'autres murènes plus farouches, une énorme mostelle, ainsi que des mérous en balade. Nous effectuons la balade en remontée douce puis vers le retour, nous visitons le Petit Moure. Nous terminerons une plongée de 56 minutes après avoir largement dépassé notre temps requis de palier : nous n'avons pas envie de remonter, bercés par l'immensité du bleu, en vol avec les nuées de poissons qui nous entourent à perte de vue. Et les copains qui nous rejoignent au fur et à mesure font de même... c'est un beau moment partagé en groupe.

Troisième jour 


Les Roustauds le matin (max. 36m) et la Pointe Fauconnière l'après-midi (voir vidéo - max. 21m en "grattant" mais ce n'est pas l'intérêt de la plongée).

Le matin, nous visitons les Roustauds, un sec qui descend à 40m. Le relief est à nouveau rempli de gorgones bleues. Nous y surprenons d'énormes mérous, des murènes et un beau barracuda en levant la tête.

L'après-midi, dernière plongée sur la Pointe Fauconnière à l'est du golfe, un site "light" mais intéressant pour le relief côtier, la présence de tunnels et d'une belle grotte. Nous n'avons absolument pas envie de remonter et nous ferons ainsi durer la plongée 76 minutes, juste parce que le pilote a demandé d'avoir encore 50 bars dans la bouteille sinon nous y aurions bien encore traîné un peu :-)



Je n'avais jamais connu des conditions de plongée pareilles, que ce soit aux en Zélande, aux Canaries ou en Méditerranée... Nous sommes plutôt coutumiers de la présence de courant et/ou d'une visibilité moyenne mais les deux paramètres positivement réunis, l'excellente visi et la mer d'huile, qu'est-ce que c'était bien !

Photo: Françoise Kempeners

samedi 14 mai 2016

Plongées à Lanzarote

Aaaah Lanzarote (et les Canaries en général), qu'est-ce qu'on y est bien : un dépaysement total avec des paysages volcaniques, une nature préservée et des constructions à taille humaine (une loin interdit les constructions de plus de 4 étages), de magnifiques plages, des vues à tomber par terre, des restaurants de poissons (issus de la pêche locale dans l'une des plus grande réserve de pêche d'Europe), du vin délicieux et de caractère qui ne s'exporte pas, un climat constant doux et sec à 25°C, avec pas mal de vent... ça, c'est pour la partie "terre".

Mais qu'en est-il sous l'eau ?

J'ai déjà eu l'occasion de partager quelques expériences de plongée sur l'île de Fuerteventura (la voisine de Lanzarote). Comparée à Fuerteventura, Lanzarote présente un potentiel de plongée plus large : il est plus facile d'y trouver de la profondeur, les paysages sous-marin volcaniques sont assez atypiques et on y trouve beaucoup plus d'éléments accrochés au relief (faune et flore), il y a aussi quelques épaves, une réserve naturelle, etc. Bref, Lanzarote a tout pour me plaire aux plongeurs.

Eric, le responsable du centre de plongée me confessera qu'après avoir étudié la question avant de s'installer, il a déduit que Lanzarote est le plus bel endroit de plongée des Canaries avec El Hierro (île à l'exact opposé de l'archipel, à l'ouest, plus petite, plus sauvage - "là où Jésus a perdu ses pompes tellement c'est perdu" dixit Eric).

J'avais déjà eu l'occasion de profiter de quelques plongées en 2010 mais mon niveau de l'époque me limitait à 18m. Toutefois, elles m'avaient déjà laissé un souvenir positif et l'envie d'y revenir : chose faite en ce mois de mai.

La faune est comparable à celle observée en Méditerranée (déjà décrite dans le sujet sur Fuerteventura). J'y ai observé quelques beaux mérous, bonite, carangues, barracudas, murène, des seiches, nudibranches, crénilabres et des poissons en tous genres... mais surtout, j'ai pu y voir un Requin Ange (appelé aussi Ange de mer). Cette fois il était posé au sol et n'était malheureusement pas en mouvement (comme j'avais eu la chance de l'observer en 2010). Cette espèce est assez rare et se rencontre quasi exclusivement (en tout cas avec une récurrence plus importante) aux Canaries.

Au nord de l'île, les plongées se font généralement du bord (pour 80% des sites à mon avis) et démarrent du même endroit : Playa Chica à Puerto Del Carmen (au sud, les plongées démarrent de Playa Blanca). Si vous y allez uniquement pour plonger, pensez à loger dans cette ville ou prévoyez une voiture de location (de toute façon indispensable à mon avis pour parcourir l'île en toute liberté et peu coûteux). Pour ma part, je logeais à Costa Teguise et me rendais au lieu de plongée en voiture (20').

Costa Teguise n'est pas un lieu intéressant pour la plongée (mais sympa pour le snorkeling). Si vous plongez avec un des centres de cette station, ils vous emmèneront... à Puerto Del Carmen (même si - pour l'anecdote - en 2010 le centre avec lequel je plongeais m'a emmené sur un site plus au nord... Charco de Palo, lieu de prédilection des naturistes... je préfère ne pas évoquer la vision sous l'eau à faible profondeur quand on levait les yeux près du rivage).

Bref, sachant cela, j'ai préféré directement prendre contact avec un centre de Puerto Del Carmen : Aquasport Diving. Il est tenu par deux Français, Géraldine et Eric (issus au départ de la FFESSM mais ils ont travaillé au Mexique pour des centres renommés tel Phocéa et peuvent prodiguer des formations un peu pour toutes les ligues, si j'ai bien suivi, Eric devenu récemment instructeur ADIP). Le centre est un peu compliqué à trouver la première fois mais ils ont tout mis en oeuvre pour qu'on le trouve facilement (notamment la vidéo très bien faite) : http://aquasportdiving.com/fr/centre-de-plongee/comment-nous-trouver/

Les contacts préparatoires par mail étaient très positifs, accueillants et suivis. Une fois sur place, l'accueil a été tout aussi chaleureux et flexible que ce soit à l'inscription, planning et en plongée. Ils visent à satisfaire leurs clients pour qu'ils remontent avec de chouettes souvenirs de plongées.

Ils tiennent compte des niveaux pour éviter des palanquées hétérogènes en "bourrant" le maximum de personne dans la même plongée : pour les deux premières plongées, nous étions 8 plongeurs sur le bateau et pour les deux plongées du bord, nous étions respectivement 5 puis 3 (guide inclus) pour la plongée. La taille des groupes m'a donc toujours permis de profiter pleinement de mes plongées sans avoir en permanence 10 personnes dans le champ de vision et des bulles partout. Pour les plongées bateau, il faut compter un surcoût de 8,50€ par plongée (comme expliqué ci-dessus, la plongée classique se fait du bord et la plongée bateau est exceptionnelle), ce qui n'est pas à négliger dans le budget. J'avais mon matériel de base mais je louais gilet, détendeur et palmes. Leur matériel est en très bon état. Les plongées sont réalisées en 12L et le Nitrox est en supplément.

Eric est généralement le premier à arriver sur le site, il me donnait rdv à 8h30 et il était généralement déjà là quand j'arrivais. Cela nous permettait de plonger avant l'arrivée des autres centres de plongées. Ses briefings étaient clairs et suffisamment concrets pour retrouver sous l'eau les éléments d'intérêt qu'il nous avait expliqué hors de l'eau. La durée des plongées était en moyenne de 40' avec des profondeurs maximales entre 30 et 35m. La durée de marche pour rejoindre la mise à l'eau est d'environs 50m et la mise à l'eau se fait soit de la plage, soit via un escalier (ce même escalier est le point de départ pour monter dans le bateau). Les plongées sont faciles, la descente se fait le long des tombants et la remontée se fait lentement. Les sites sont abrités et les courants ne sont pas importants (même si on peut les sentir sous l'eau selon la météo).



Pour les accompagnants, cet endroit est idéal car il permet de profiter d'une plage très sympa, de faire du snorkeling, d'aller se promener dans le port tout proche - où il y a une plaine de jeux, etc. pendant que les plongées se déroulent. Autre atout pour les familles et les couples : le rendez-vous est fixé à 8h30 le matin et on en a terminé à 12h30, ce qui permet de profiter de l'après-midi en famille ou à deux.

Assez discuté, voici quelques images qui résument mes 160' de plongée... La vidéo vaut  ce qu'elle vaut et ne reflète pas assez à mes yeux la qualité des plongées (d'autant plus que j'avais oublié mon éclairage à la maison pour les parties sombres "sous plafond" ou plus profondes) :



Après les plongées, je vous recommande chaudement de vous rendre à pied au port (5') pour aller déguster un plat de poisson à la Lonja (restaurant attenant à une poissonnerie - du producteur au consommateur donc) en dégustant du vin blanc de Lanzarote bien frappé (ma préférence allant au Bermejo seco Malvasia mais le Vega de Yuco vaut le coup aussi). Les poissons proviennent de la réserve de la Graciosa, l'une des plus grande réserve de pêche en Europe. Par contre, nous avons été déçu par la paëlla, elle était beaucoup trop salée (mieux vaut le savoir car le reste de la carte est délicieux).

Rien qu'à écrire cela, je me réjouis d'y retourner :-)

Bonnes plongées !

mercredi 30 mars 2016

La technologie influence la culture d’entreprise… vraiment ?


En se référant aux publications continues sur le sujet, cette affirmation semble être une évidence. Et pourtant… en observant le terrain, on est en droit de se poser la question : est-ce la culture qui permet le déploiement de nouvelles technologies de la collaboration et du partage OU, à l’inverse, est-ce par l’implémentation et l’utilisation de ces technologies que l’on peut influencer le changement culturel ?
Confrontés quotidiennement à la problématique de « comment travailler avec des outils 2.0 dans une culture 1.0 ?», une douzaine d’experts en « Knowledge Management » issus de diverses entreprises et organisations belges se sont récemment réunis pour partager les questions et réflexions autour du sujet. S'il est clair pour tous qu’il existe une corrélation entre technologie et culture, la question du « quoi influence quoi » parait moins évidente, tout spécialement dans le contexte actuel où les technologies se développent beaucoup plus vite que les cultures d’entreprises (un changement culturel s’évalue en terme d’années alors qu'une évolution technologique se mesure en termes de mois). De l’avis général, si la technologie permet d’impacter des éléments de culture comme la transparence, l’autonomie, la collaboration, la confiance, la sécurité et le contrôle, etc., elle est souvent confrontée à des barrières telles que le fonctionnement en silos, la multiplication des outils ou la surinformation (« infobésité »), par exemple.
Partant de l’hypothèse que la technologie permet d’impacter la culture d’entreprise, il existe selon nous des conditions propices à cette influence.  Notre réflexion de groupe a permis d’identifier 7 pistes d’actions pour optimiser l’effet de la technologie sur la culture, en  envisageant l’écart entre les deux comme un potentiel de développement.

 
    
Les 7 pistes d’actions proposées 

1.  Adapter les rôles et les outils pour faciliter le partage des connaissances 

Il faut veiller à la circulation de la connaissance, identifier les connaissances critiques qui seraient « monopolisées » par quelques personnes et les rendre accessibles à ceux qui en ont besoin. Les personnes expérimentées doivent être valorisées pour leur expertise. On peut, par exemple, leur assigner des rôles de « mentor », « formateur », etc., de façon à favoriser la transmission directe des connaissances.

Au niveau organisationnel, il est nécessaire de développer un système de partage des informations qui évite de cadenasser les échanges par des règles contraignantes. Une bonne collaboration doit exister entre tous les acteurs impliqués dans le partage des connaissances. Il ne faut ne jamais considérer cela comme une prérogative unique de l’ICT, au risque d’avoir un outil trop éloigné des besoins réels des utilisateurs et donc… utilisé dans la « résistance », voire pas utilisé du tout.

2. Mettre en place une stratégie de recrutement adaptée aux attentes technologiques des nouvelles générations. 

Il est crucial de travailler au niveau des ressources humaines pour attirer de nouveaux talents parmi les nouvelles générations. A cet égard, le discours communiqué à l’extérieur doit évidemment correspondre à la réalité de l’entreprise. Il est donc crucial d’identifier dans l’organisation les éléments technologiques qui peuvent représenter un point d’accroche des jeunes travailleurs. Pour pouvoir toucher les jeunes, les RH doivent investir davantage dans les canaux de communication que le public-cible utilise prioritairement : les médias sociaux, ce qui peut déjà représenter une « mini révolution » culturelle en soi dans certaines organisations. 

3.  Profiter de la diversité des compétences pour inciter l’apprentissage et la collaboration 

Des actions pour créer des ponts entre générations peuvent être mises en place. Cela permet d’amplifier le partage et la collaboration entre « seniors » et « juniors ».  Les jeunes peuvent apporter des connaissances technologiques aux experts qui, à leur tour, peuvent transmettre énormément de connaissances métier aux jeunes collaborateurs. En prérequis, il faut briser le stéréotype décrivant les « seniors » comme peu intéressés par les nouvelles technologies de collaboration et de partage. Dans les faits, il n’en est rien : les « seniors » (de plus de 50 ans) sont de fervents consommateurs de réseaux sociaux, comme l’illustrent différentes études (cf. par exemple, www.comscore.com).   

Il faut donc se concentrer sur les points communs entre générations. ils représentent de réelles opportunités de renforcer les relations au sein de l’organisation, plutôt que de stigmatiser les employés en les segmentant et les cantonnant dans des préjugés basés sur l’âge. 

4.  Adapter les règles et les processus liés à l’utilisation de la technologie aux besoins concrets des travailleurs 

La flexibilité doit être développée de façon généralisée, dans tous les domaines de l’entreprise : les personnes, les processus et l’organisation elle-même. Les processus doivent être construits pour faciliter le travail des personnes, dans une perspective « centrée sur l’employé » et non « centrée sur le processus ».

Ce n’est donc pas aux personnes de s’adapter aux processus mais plutôt aux processus d’être flexibles pour s’adapter au travail réel des employés. L’organisation doit elle aussi répondre rapidement à des nouveaux besoins ou des contraintes extérieures en s’ajustant. Cela requiert de mettre en place une organisation qui réduit au maximum les chaînes décisionnelles en responsabilisant les employés sur le terrain. 

5. Repenser le rôle du middle-management

Les middle-managers représentent l’articulation majeure de l’entreprise. Ils doivent être envisagés comme des facilitateurs du changement, comme responsables du renforcement des aspects positifs de leurs équipes et du développement de leurs points d’attention. Ils doivent donc être impliqués dans la réflexion sur les nouvelles technologies et leur adéquation car ils sont aussi les meilleurs partenaires pour convaincre les collaborateurs de la pertinence des outils. 
 
6. Développer la confiance au sein des équipes 

Pour que la technologie soit porteuse de changement culturel, le terrain doit être propice au sein des équipes. Dans ce cadre, le management ne doit plus être considérés comme une « organe de contrôle » mais bien comme le « catalyseur » qui instaure un climat propice à l’intégration de nouvelles exigences dans le fonctionnement de l’entreprise. 

Le droit à l’erreur et la tolérance à l’expérimentation doivent devenir des principes à l'échelle de l’organisation. Plus spécifiquement, cela consiste à revoir le modèle classique de l’informatique (centralisé, centralisateur et « top-down ») pour permettre aux collaborateurs de développer des initiatives « bottom-up » avec des outils qui ne sont peut-être pas forcément en versions commerciales. Cela permet d’inoculer des innovations et d’intégrer de nouvelles expériences, de tolérer l’erreur en conservant un objectif d’excellence. 

7. Penser l’implémentation de la technologie avec une vision à long terme 

L’intégration technologique doit être envisagée avec une vision à long terme, ancrée à la stratégie et aux valeurs de l’organisation. Il s’agit dès lors de « sortir le nez du guidon », d’éviter le lancement de projets multiples tendant sans doute vers l’objectif de partage des connaissances mais qui ne font pas forcément partie d’un « programme» sous-tendu par un fil rouge clair et cohérent, avec une vision intégrée en termes de déploiement technologique. 

Culture vs. Technologie : et le gagnant est…

A la question : « la technologie influence la culture d’entreprise… vraiment ? », nous répondons « oui mais… »

Plus précisément, il est clair que l’on peut influencer la culture grâce à la technologie mais cela ne « coule pas de source » et est encore moins systématique. Pour aboutir à des résultats en termes de changement culturel, il est absolument nécessaire : (1) d’anticiper les risques et les opportunités, (2) d’avoir une perspective de gouvernance qui identifie clairement les principes, la politique, les règles, les indicateurs de succès et les rôles (3) d’accompagner le changement (en termes de « change management »), ce qui implique d’inclure les principaux acteurs impactés par le changement et d’assurer une excellente communication entre ces acteurs, les responsables du "Knowledge Management" et le top-management.
 

  PS : Magali Ventat et Christian de Neef (http://www.fasttrack.be/) ont contribué à la rédaction de cet article

samedi 23 mai 2015

Plongées à Portofino... Bella Liguria !

Fraîchement revenu de quelques plongées en Italie à Portofino organisées par mon club Glaucos Diving School (Verviers), je ne résiste pas à l'envie de vous en rapporter l'essentiel. Ces plongées étaient très belles, lumineuses et riches de faune.

Portofino se situe à l'est de Gênes et fait partie de la Riviera italienne. C'est un patelin magnifique qui est présenté comme le "Saint-Tropez italien" (et les prix d'une boisson en terrasse sur place en attestent certainement...)

Nous logions un peu plus à l'est à Lavagna (où l'on trouve le chantier naval et un grand port de plaisance). Nos plongées étaient organisées par le centre Odissea Sub avec Guido, grande base italienne aux allures de viking, très sympathique au demeurant, et son assistante, la souriante Eléna.

Ce centre est équipé de tout le confort nécessaire : gonflage mélanges Nitrox (*) jusque 100%, mise à disposition de blocs 15L et 18L air, nitrox ou deco, grandes banquettes pour s'équiper, espaces de rangements et de séchage (qui pourraient être mieux organisés toutefois), douches et commodités (mais un seul WC, c'est un peu juste pour 30 personnes revenant de leur plongée ;-), etc.




(*) pour les "profanes" et expliqué de façon très simple, le nitrox est un mélange suroxygéné (> 21%) qui, selon l'utilisation faite, permet de réduire les risques de narcose liée à l'azote (ce qu'on appelle couramment "l'ivresse des profondeurs"), de réduire le risque d'accident de décompression, de passer davantage de temps au fond sans pallier, de réduire la durée des palliers, d'être moins fatigué après une plongée, etc.

Bon, voilà pour la description du centre... en plongée maintenant.

Nous avons principalement visité 3 lieux dans la réserve de Portofino : le Phare de Portofino (La Scalina), San Fruttuoso (Punta Dell'Indiano et le Christ des Abysses), Altare. Nous avons aussi eu l'occasion de visiter une épave de l'autre côté de Lavagna à hauteur de Sestri Levante.



1. le Christ des Abysses :

Pour cette plongée à San Fruttuoso, je n'avais pas emporté ma caméra. J'étais aux commandes de la plongée et je voulais d'abord m'assurer que tout se passait bien pour la première immersion du séjour.

Donc pas de vidéo personnelle mais je me permets (en citant la source) de reprendre une photo qui illustre l'ambiance mystique de l'endroit.


Source : http://s35.photobucket.com/user/TemptedBlaze/media/Bucket%20List/336020.jpg.html
Ce site vaut la peine, ne serait-ce pour le côté insolite et le caractère particulier que représente le fait de croiser une statue assez imposante sous l'eau, surtout si la lumière du soleil est présente pour ajouter encore un peu de "mystique" à ce lieu.

Je m'étais imaginé une statue beaucoup plus grande : dans les faits, elle ne mesure environs que 2,5m (pour la perception que j'en ai eu en me positionnant verticalement en face de J-C les yeux dans les yeux) mais elle est posée sur un socle très imposant. Le bas du socle repose sur 14m de fond et le haut des bras se situe à environs 9m.

Pour la plongée, il est plus intéressant d'aller voir le tombant qui se trouve un peu plus loin vers le large et qui descend jusque +/- 40m et de terminer par la "visite" de la statue.

Toutefois, sans ce monument, le tombant en lui-même n'était pas le plus beau et le plus habité du séjour.


2. La Scalina :

Pour notre deuxième plongée de la 1ère journée, direction vers le Phare de Portofino. Le spot de La Scalina se situe quelque part entre le phare (Punta Portofino sur la carte) et le port de Portofino, en face d'un escalier qui descend le long de la falaise jusqu'à la mer.

Ayant seulement 199 plongées (hey, je ferai ma 200ème ce samedi 23 mai !) à mon actif, je suis certainement loin d'avoir tout vu puisque je ne suis quasiment jamais sorti de la Méditerranée mais - à mon niveau - c'était un des plus chouettes sites que j'ai visités. Il était particulièrement habité. 

Dans cette plongée, au-délà de 30m, on ne trouve que sable et cailloux. Rien d'intéressant donc. Par contre, plus on remonte, plus la faune et la flore sont riches.

Nous y avons vu plusieurs mérous de toutes tailles (des petits comme des "maousses" pas trop farouches), j'ai été littéralement hypnotisé par le passage d'un banc de jeunes barracudas, autour duquel tournait un spécimen adulte de bonne taille, deux murènes s'étaient cachées le long d'espaces rocheux qui nous permettaient d'admirer la souplesse et les couleurs de leur corps. Les roches était couvertes de belles gorgones bleues et de corail rouge. Des rougets grattaient le sable à la recherche de nourriture. Des labridés divers passaient à toute vitesse autour de nous. Des corbs traçaient parfois notre trajectoire. Nous étions entourés de bancs de saupes et de nuages de castagnoles. En fin de plongée, nous avons observé des carangues se jeter à pleine vitesse dans les remous des vagues contre la roche en surface.

Voici une vidéo de cette plongée :




 2. Cargo Armato

Après une journée complète sans plongée à cause des conditions météo venteuses (cela nous a finalement permis de visiter le joli village de Portofino et son vieux port, nichés au bout d'une route côtière, certes étroite, mais magnifique), nous avons commencé la journée par une plongée sur l'épave du Cargo Armato, bateau commercial réquisitionné et armé successivement en 1939 par les Français, puis en 1942 par les Allemands. Il a été finalement torpillé par les Britanniques en 1944 au large du village de Sestri Levante.

Avec la violence de l'explosion, l'épave est cassée en deux et repose sur le fond à 35m (le plus haut point du pont se situe à +/- 27m).


La descente se fait le long d'un bout (une corde attachée au bateau au bout de laquelle flotte une bouée en surface) et arrive sur la partie avant qui nous a été présentée comme la mieux conservée. Nous visitons l'épave de la "poupe" à la proue. On y retrouve encore les supports des mitrailleuses et l'un ou l'autre hublot. 

Nous n'entrerons pas dans les cales même si celles-ci sont claires et larges car elles menacent apparemment de s'effondrer. Il y a toutefois plein de trous et ouvertures dans la coque pour se faire une idée de l'intérieur et explorer les recoins du bâtiment. 

Au niveau de la vie marine observé, vu la situation venteuse et la houle de la veille, la visibilité n'est pas au top et nous n'avons vu que des castagnoles.

En images :




3. Altare
De jour...


Nous sommes ensuite retournés dans la réserve pour y visiter un spot assez singulier pour son relief et son paysage sous-marin: Altare (l'autel en italien). Ce site doit son nom à une énorme pierre plate inclinée qui ressemble à l'autel d'une église.

On démarre en se mettant la côte à main droite et vers 16m, 3 monolithes marquent l'entrée d'un superbe tombant. En passant entre la deuxième et la troisième roche, on arrive sur le bord d'une falaise et on entame une descente que nous limitons - comme prévu au départ - à 35m, même si l'envie de descendre est bien là, vu la sensation agréable que cette "chute libre le long d'un mur" procure. 

A nouveau, le tombant est majestueux, habité de coraux, éponges et gorgones.

En remontant dans la zone des 10m, nous y observons une parade nuptiale entre deux mérous, c'est une première pour moi. Je suis encore fasciné par cette scène chaque fois que je visionne la vidéo. J'avais eu l'occasion d'observer de près des comportements reproducteurs chez les labridés (et spécifiquement ceux de Symphodus ocellatus, durant un stage d'éthologie marine en Corse) mais jamais encore chez une espèce de la taille du mérou. C'est simplement majestueux.

Nous y rencontrerons aussi quelques variétés de méduses, un bernard l'hermite, ainsi que les espèces déjà décrites lors de la plongée à La Scalina.

Je suis sorti de cette plongée avec un large sourire béat et un mot bref à la bouche : "wow"... magnifique site donc.

Quelques images de cette plongée ? c'est par ici :



Et de nuit...

Histoire de comparer l'ambiance et la vie sur un même site entre le jour et la nuit, nous sommes retournés en soirée sur le site d'Altare. J'avais beaucoup d'attentes par rapport à cette plongée, notamment celle de croiser davantage de poulpes. Cette attente ne sera pas satisfaite : nous y croiserons seulement une grande araignée de mer et quelques poissons curieux. Le site semble aussi endormi que les compagnons qui sont restés à l'hôtel. 

L'ambiance générale vaut toutefois le détour, ne serait-ce que pour faire la descente du tombant dans la lumière des phares, la chute semble vertigineuse.

Proche de la surface, en éteignant les lampes et secouant les bras, il est possible de découvrir le plancton, bioluminescent.

Bref, c'était une balade sympathique, qui m'a un peu déçu au niveau de la vie présente mais qui vaut la peine, ne serait-ce que pour l'ambiance générale et le paysage qui défile durant la navigation.


(c) ArnoLgs 2015
4. Punta Dell'Indiano
Ce sera la dernière plongée du séjour. L'une des plus belles. Cela tient sans doute au fait que le soleil est complètement de la partie et nous crée une ambiance magnifique à l'immersion.

Nous démarrons dans le sable à 15-20m mais arrivons rapidement sur un tombant que nous visiterons jusque 40m. Encore un nouveau paysage à découvrir. Chouette !

La paroi est remplie d'énormes gorgones bleues. A nouveau, les mérous nous approchent mais restent à distance raisonnable de nous. Quelques colbs et sars communs passent devant nous, comme pour nous montrer le chemin. Nous verrons aussi passer l'une ou l'autre carangue au loin. Lors du pallier, quelques poissons viennent voir de près la lentille de mon caméra.

Cette plongée étant la dernière, j'en profite un max. pour observer et découvrir, certes, mais aussi pour profiter pleinement des sensations procurées par la légèreté et cette impression constante de planer au-dessus du relief.

Cette plongée en vidéo :



Rédiger ce billet me donne vraiment l'envie d'y retourner rapidement...

N'hésitez pas à me communiquer vos impressions et vos questions !

mercredi 20 mai 2015

Location de voitures : quelques leçons à tirer

Ceux qui me suivent sur Twitter auront récemment remarqué quelques déboires que j'ai vécu avec le département espagnol d'une entreprise de location auto :

Pour résumer le cas :

A la lecture de ma facture reçue par la poste, j'ai eu la "joyeuse" surprise de constater une "charge multiple" (sans description plus claire) de 579€ HTVA alors que la location de voiture en elle-même était inférieure à 300€. 

Après avoir galéré 3 semaines par mails sans réponse, j'ai bizarrement été recontacté dans la minute après la publication du tweet ci-dessus : ils me reprochaient des chocs dans la carrosserie alors que je n'avais pas eu d'accident.

C'était mal parti mais la situation s'est heureusement bien dénouée grâce à ma vigilance et au professionnalisme d'une personne de leur service client (après avoir subi un long "silence radio" avant la mobilisation des réseaux sociaux, cela dit).

Je me suis dit que quelques bonnes pratiques étaient utiles à partager via ce blog


Avant de démarrer...

  • Lorsque vous louez une voiture, assurez-vous d'avoir une assurance couvrant la franchise : nous concernant, celle-ci était de 900€. J'avais une assurance via la centrale de location choisie (rentalcars.com - très pros en passant, ils étaient réactifs) pour se charger des contacts avec le loueur mais cela me demandait d'avancer l'argent en cas de problème. Je pensais que ce risque était mineur mais... on pense cela tant que ça ne nous tombe pas dessus. Sans assurance de ce type, tout dégât occasionné au véhicule est au frais du locataire du véhicule... Donc à refaire, pour quelques euros de plus, je prendrai cette assurance directement chez la firme de location pour éviter d'avancer l'argent en cas de problème réel.
  • A la réception des clés et avant de toucher au véhicule, analysez bien l'état des lieux avec le véhicule sous les yeux. Toute différence doit être mentionnée illico au bureau de location.
  • Avant de démarrer, prenez des photos du véhicule avec une résolution suffisante pour zoomer sur les éléments qui seraient problématiques... et sous toutes les coutures. Les méta-données des photos reprises dans le fichier photo permettent de prouver le moment de la prise de vue (et même avec le lieu si balise GPS, le type d'appareil, l'ouverture et la vitesse de prise de vue). En photographie, c'est ce qu'on appelle les données EXIF.

Je ne parlerai pas des précautions d'utilisation du véhicule, il va de soi qu'il faut gérer celui-ci en"bon père/bonne mère de famille", comme vous le feriez avec votre propre voiture. 

Il faut aussi respecter les règles du contrat (p.ex., refaire le plein s'ils vous demandent de le faire... sans quoi vous devrez payer des frais peu raisonnables pour le plein qu'ils feront à votre place)

Au retour


  • Vérifiez que vous garez le véhicule à l'endroit demandé... ne pas le faire vous met en défaut et ils vous factureront à coup sûr des frais supplémentaires, même s'il est garé à 3m de l'endroit prévu...
  • Prenez à nouveau quelques clichés avant de rendre les clés et dans l'emplacement de parking final. Cela vous permet de disposer d'un "avant/après" avec des données EXIF précises et indiscutables.
  • S'il y a un état des lieux au retour des clés, faites le sérieusement. Et donc évitez de rendre votre véhicule 15' avant l'ouverture des portes d'embarquement de votre vol... Sans état des lieux, les photos prises prennent toute leur importance en cas de problème.
  • En cas de pépin, exprimez - avec politesse - votre mécontentement sur les réseaux sociaux ... ça ira beaucoup plus vite que d'attendre une réponse d'un service client improbable par mail (dans mon cas, je n'avais de coordonnée téléphonique de contact). Si cela ne marche pas, mobilisez quelques personnes influentes sur lesquelles vous pouvez compter, demandez leur de relayer l'information (cela doit donc être des personnes que vous connaissez un minimum, ne choisissez pas au hasard un twitto avec 20K Followers pour lui demander de vous aider, ça ne marchera pas ;)) 

Tout est bien qui finit bien...

Dans mon cas, je n'ai pas eu de chance au départ, j'étais malade, je n'ai pas pris le temps de faire les vérifications d'usage parce que je voulais arriver au plus vite à l'hôtel (pas de chance, il a suffi que je ne le fasse pas UNE fois pour que cela pose un problème).

La société a justifié les frais supplémentaires avec des photos de la voiture présentant des chocs et avec un devis de garagiste (il n'y avait pas d'état des lieux au retour du véhicule, j'ai simplement remis les clés au desk à l'aéroport). 

Heureusement pour moi, pratiquant la photographie, mon premier réflexe a été d'examiner les données EXIF : les photos avaient été prises deux heures après le retour des clés et à cette heure-là... j'étais dans l'avion.  De plus, rien ne pouvait laisser penser que les coups n'étaient pas déjà existants (pas de photos envoyées à ce propos - en avaient-ils seulement ?) et comme ils étaient situés au niveau du bas de caisse, il fallait s'y attarder pour les voir.

Ils n'ont pas discuté, se sont confondus en excuses et j'ai été remboursé rapidement des sommes prélevées sur ma carte de crédit. Ouf ! 

Mais je me pose la question... Qu'en serait-il si je n'avais pas eu l'opportunité d'avoir quelques contacts influents qui m'ont relayé sur twitter ? et si je n'avais pas eu la présence d'esprit d'examiner les données EXIF des photos ? Je n'aurais probablement jamais la réponse mais j'ai bien ma petite idée :-)


samedi 15 novembre 2014

Plonger en Belgique, dans des lacs et des carrières lugubres ? mais quelle horreur !

Passionné de plongée loisir depuis de nombreuses années (avec plus ou moins d'assiduité selon les périodes de vie), une question revient toujours sur le tapis lorsque je discute avec des "profanes" de la plongée : "mais qu'est-ce qu'il y a donc de passionnant à plonger en Belgique, dans des eaux vaseuses, noires et lugubres et où il n'y rien à voir ?" (non-verbal de l'interlocuteur : dubitatif voire proche de me prendre pour un fou). Cette question est parfois formulée avec davantage de dédain sous la forme "mais qu'est-ce que tu vas donc foutre au fond de trous sombres et froids où il n'y a rien?"

Ma réponse est systématiquement celle-ci : 

En fait, c'est tout le contraire. Il y a beaucoup de choses à découvrir au fond de nos lacs et carrières, une faune, une flore, un biotope. On y croise des carpes, des brochets, des esturgeons, des perches, des anguilles mais aussi des coques (moules, anodontes, etc.), des éponges, des petites méduses inoffensives, des écrevisses et des crevettes. On y croise de belles algues qui peuvent parfois monter sur plusieurs mètres et sont resplendissantes lorsqu'elles sont éclairées par la lumière du soleil dans les 10 premiers mètres de profondeur. En soulevant les cailloux, on découvre souvent de nombreux petits poissons qui ne sont pas perceptibles si on traverse le milieu trop rapidement. Chaque plongée est donc à la fois une exploration et un jeu (notamment grâce aux diverses épaves de bateau, chars, avions, tubes, etc. qui servent de récifs artificiels à la faune et flore).
 
source : http://club-subaquatique-evian.over-blog.com/article-faune-flore-d-eau-douce-france-68756279.html - ce dessin ne reprend qu'un petite partie de la faune que l'on peut découvrir sous l'eau douce.

S'il est vrai que ce sont des conditions de plongée qui demandent parfois plus de précautions ou d'"enthousiasme" que les plongées dans les mers calmes, chaudes et limpides, la visibilité est généralement suffisante pour découvrir un paysage subaquatique particulier, étonnant, voire parfois magique quand on s'y trouve au bon moment.

Il y a quelques années, il était plutôt difficile pour le commun des plongeurs de convaincre leurs interlocuteurs avec ce seul argument. Et puis, une opportunité s'est enfin présentée : la généralisation et la démocratisation des "action cameras" qui permettent de descendre une petite caméra sous l'eau sans devoir engager le prix d'une automobile (et de réaliser des montages soi-même avec des applications de plus en plus simples). 

Comme des illustrations valent mieux que tous les bons discours, je vous propose quelques courtes vidéos de mon cru que vous pouvez visionner. Les images ont été captées dans trois carrières différentes de notre belle région Wallonne : à La Gombe (Liège, 1 vidéo au printemps et l'autre en hiver), Lillé-Sprimont (Liège, en hiver), Vodelée (Namur, au printemps).

1. La Gombe (ancienne carrière de grès située à Esneux, profondeur max. = 30m)



2. Lillé (ancienne carrière de petit granit située à Sprimont, profondeur max. = 25-30m selon les années, périodes, saisons)


3. Vodelée (ancienne carrière de granit située à Doische, profondeur max. = 40m)


Et, quitte à être taxé de mauvaise foi, je conclurai par ce propos : même quand on n'y voit pas grand chose, la plongée dans ces plans d'eau reste l'occasion de s'amuser et de vivre une agréable sensation proche de l'apesanteur (que seul celui qui a testé la plongée peut connaître).

Référence - un livre à recommander pour découvrir la vie en eau douce :

Corolla, J.P., Kupfer, M., Rochefort, G., Sohier, S. (2012). La vie en eau douce : les carnets du plongeur. Editions Neptune Plongée.


mardi 4 novembre 2014

Evaluer les connaissances pour accompagner les changements organisationnels - Partie 2 : Comment ?

Dans mon article de la semaine passée, j'ai insisté sur l'intérêt d'évaluer les connaissances et sur ce que cela pouvait apporter à la gestion des changements organisationnels.

Après avoir traité le "pourquoi" (sans doute de façon non-exhaustive), je voudrais ici aborder les étapes de la mise en place de ce type de dispositif. Il va de soi que la communication est un pré-requis à chaque étape : communication avec le management, communication avec les employés et facilitation de la communication ascendante pour traiter les préoccupations dans le changement, communication avec les partenaires sociaux (on parle bien d'évaluation des connaissances, il faut donc bien baliser avec eux le cadre d'utilisation des évaluations individuelles).

Je vous propose une implémentation en 4 étapes

1. Cartographier les tâches

L'objectif de cette cartographie est d'extraire les connaissances associées aux activités, les contenus à maîtriser pour assurer la réalisation des tâches. 

A ce stade (mais il en sera de même pour les étapes suivantes), cette cartographie doit absolument respecter le principe du KISSSS (Keep it Simple, Sexy, Straight to the point and Sustainable). 


Il est  nécessaire de ne pas vous laisser influencer par les gestionnaires de compétences qui veulent y retrouver des liens avec des niveaux de compétences, par des auditeurs qui veulent découper les processus et insérer les éléments de contrôle, par des "hard HR" qui veulent voir les choses sous forme d'ETP, etc. Ceci doit rester le plus simple possible.

Bref, selon moi, ce que l'on doit retrouver dans cette cartographie c'est :
  • deux "photographies" de la situation : l'actuel et le futur après changement
  • le "qui fait quoi" (en terme d'"entité entière" : une personne, une fonction, un département, etc.)
  • éventuellement, si on se situe au niveau individuel, l'âge des personnes pour identifier au passage le risque de perte de connaissances lié à un futur départ naturel
En gros, un simple tableau suffit avec, p.ex. :
  • en première colonne les activités 
  • dans les suivantes les noms des entités (1 colonne par collaborateur si on descend jusqu'à ce niveau), des "1" ou des "x" en face des lignes d'activités qu'ils réalisent
  • un calcul d'effectif en dernière colonne pour chaque activité
Ensuite, il suffit de reproduire ce tableau en y décrivant le futur (le "qui devra faire quoi")

Dans l'approche nominative, Cela permettra au passage de savoir qui réalise les activités (sans pour autant être certain qu'ils le font optimalement, sinon l'évaluation ne servirait à rien) et qui, dans la cartographie du futur, pourrait être à même de réaliser d'autres tâches.

Donc, on peut remplacer les noms de personnes par des libellés de fonctions, de secteurs, départements, etc. Cela dépend de l'ampleur du changement à mettre en place. La "guideline" est toujours de garder à l'esprit que le tableau doit être lisible - KISSSS - et ne pas se transformer en "usine à gaz". Il servira réellement de carte de lecture pour la communication et les plans d'action.

2. Prioriser les connaissances critiques

Cela consiste à définir le socle de connaissances incontournables qui permettent de réaliser 100% des activités de façon optimale.

Il s'agit de pondérer les activités dans la cartographie en fonction de leur impact et leur importance. En dégageant ce qu'on appelle les connaissances critiques (celles qui doivent absolument être maîtrisée car leur impact est déterminant sur le "business"), cela permet de mieux déterminer le "scope" de l'évaluation : il ne sert à rien d'évaluer des connaissances dont l'importance n'est pas déterminante, focalisons-nous sur l'essentiel (le "straight to the point" de notre fameux KISSSS).

3. Construire l'évaluation

Le contenu de l'évaluation doit évidemment être alimenté par des partenaires provenant des services business.

Dans sa structuration, elle doit toucher deux niveaux :
  • les connaissances explicites (les savoirs théoriques - conscientes)
  • les connaissances implicites (les connaissances confrontées à la réalité du terrain - inconscientes)
Ce deuxième niveau est évidemment crucial car, p.ex., connaître le fonctionnement d'un avion de chasse ne fait pas de moi un pilote d'avion. L'évaluation requiert donc de mettre en place des analyses de cas, "mises en situation", etc. par rapport à des situations probables sur le terrain. On distingue ici la règle générale et l'action qui est le résultat de l'application de cette règle.

La grille de correction doit être construite au moment de la conception de l'évaluation et non pas a postériori, cela afin de se retrouver dans une situation où l'on se demande comment on va pouvoir traiter les résultats.

Cette grille doit être standardisée et éviter les biais de subjectivité, elle doit permettre de construire des scores globaux qui peuvent servir de point de comparaison. Elle doit permettre de calculer des scores individuels mais aussi des indices statistiques collectifs (moyennes, écarts-types, etc.) de façon à pouvoir évaluer la progression dans le temps à ces deux niveaux.
 
4. Suivi de l'évaluation

Evaluer pour évaluer n'a aucun intérêt, l'évaluation doit rimer avec mesures répétées, plan d'action, ajustements, flexibilité, etc.

Sur le plan collectif, le suivi dans le temps doit permettre de mesurer l'efficacité des formations et sur l'évolution des connaissances mais aussi de développer des actions correctives sur la méthode elle-même si elle s'avère trop fastidieuse ou à l'inverse, trop simple.

Sur le plan individuel, elle permet de dégager des plans de formations et des actions  pour accélérer l'intégration des connaissances. Elle servira aussi de base de discussion avec le collaborateur, de façon à trouver la voie qui lui convient pour faciliter son développement individuel.

En bref...

Le but de ces deux articles sur l'évaluation était surtout de sensibiliser à la démarche et de partager mes réflexions sur le sujet. Je serais ravi d'avoir vos commentaires et propositions en la matière car je ne prétends pas avoir la science infuse en la matière. Alors, allez-y, votre avis m'intéresse et je ne demande qu'à susciter du partage de pratiques !